Affichage des articles dont le libellé est fontaine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fontaine. Afficher tous les articles

samedi 4 mars 2017

CAST - Porz Richard et Lotinidic



Porz Richard

Le lieu-dit Porz Richard est situé à 2,8 km à l’est du bourg de Cast, sur une route qui part rejoindre la départementale de Quimper à Châteaulin. Sur la gauche on voit une longère à l’abandon, dont l’habitation orientale  possède une avancée (apoteiz) ; une caractéristique architecturale typique de l’habitat traditionnel dans les monts d’Arrée, mais beaucoup plus rare au sud de l’Aulne.







Lotinidic

Juste avant ces bâtiments, s’embranche sur la route un chemin qui gravit le rebord d’un plateau pour aboutir à la maison de Lotinidic. Sur la droite, juste avant la maison, se trouve une parcelle plus ou moins en friche, où l’on découvre un menhir en schiste de 2,50 mètres de haut et les vestiges d’une croix du 16e siècle, dite croix de St-Geniste ou de Porz Richard, dont il ne reste que le socle et le fût – qui penche dangereusement. 


Sur ce site s’élevait autrefois une chapelle primitivement dédié à saint Tinidic, plus tard remplacé par saint Geniste ou Génite, deux saints invoqués contre la stérilité qui, l’un comme l’autre, n’ont jamais reçu de culte en dehors de la paroisse de Cast. Le sanctuaire, où l’on n’a plus dit la messe après 1835, commençait, dès 1840, à tomber en ruine. 


On voit encore, dans l’église de Cast, une statue en pierre du 16 e siècle, de grande dimension, de saint Tinidic, provenant l’ancienne chapelle. Le saint est représenté en chevalier, avec armure et casque, enveloppé d’un ample manteau et tenant, d'une main les restes d'une lance, et de l'autre un livre ouvert. Une autre statue, de petite taille celle-là, le représente dans le porche de l’église, la tête couverte d’une sorte de bonnet et tenant en main un vase ou coffret orné d'une petite arcade gothique.

Quelques unes des statues de l’ancienne chapelle ornent aujourd’hui le mur d’entrée du presbytère et l’enclos de la croix de mission, tandis que certains de ses vitraux ont été intégrés dans les fenêtres de la nef de la chapelle de Quillidoaré - en Cast également.


 
 La présence d’un menhir dans l’enclos de l’ancienne chapelle semble indiquer que celle-ci a été édifiée à l’emplacement d’un ancien lieu de dévotion païen, auquel les tenants du christianisme ont tenté de substituer leur religion… Sans grand succès il faut croire, puisque dans une lettre adressée en 1840 à l’évêque de Quimper, le recteur de Cast suggérait la destruction de la pierre « à laquelle des sots viennent tout nus et de nuit se frotter le dos et le ventre pour les maux d'entrailles ». Il pourrait s’agir là de la continuité d'un ancien culte de la fécondité.  Heureusement, le recteur n’a pas eu gain de cause, et le menhir, contrairement à la chapelle, est toujours visible. 



Dans la même parcelle, à l’ouest de la croix, on ne manquera pas d’être intrigué par la présence de petits amoncellements de pierres soigneusement disposés et formant un grand cercle. Un cromlech contemporain montrant la même configuration a été aménagé à l’emplacement de l’ancienne chapelle St-Caduan en Brasparts pour y pratiquer des cérémonies druidiques. Le site de Lotinidic serait-il lui aussi à nouveau dédié au culte druidique ? Le fait que le menhir et la croix se trouvent en alignement au solstice d’hiver pourrait étayer le choix d’un tel lieu de culte. Ces observations nourrissent en tout cas l’ambiance mystérieuse qui émane de cet endroit, encore plus saisissante lorsqu’on le découvre baigné par la brume… 


Sur la droite du chemin, peu avant d'arriver au site, on remarque une source encadrée de pierres formant un petit bassin rectangulaire. Peut-être s'agit-il de l'ancienne fontaine de la chapelle ? 


L’archéologue P. du Châtellier a, par ailleurs, signalé à proximité de ce lieu l’existence d’une enceinte retranchée rectangulaire.

(Sources : Topic-Topos, Infobretagne, Atlas des croix et calvaires du Finistère)

jeudi 2 mars 2017

LANDUDEC - Lanrien et Kerascoët



Depuis le centre-bourg de Landudec, une rue sans issue, dite rue Neuve, s’embranche sur la rue Ar Mor pour aboutir à la ferme de Lanrien, située à 900 mètres au sud-ouest. Le lieu-dit tient son nom de saint Rien, moine de Redon, essentiellement vénéré dans le Trégor.



Peu avant la ferme a été aménagé un parking, point de départ d’un sentier botanique. En empruntant le sentier qui part vers le sud, on parvient, au bout de 200 mètres à une fontaine de dévotion, la fontaine Sainte Anne. L’édicule présente un toit en bâtière et une niche en plein cintre. Sur le fronton est gravée la date de 1743, date de sa construction. La fontaine est entourée des muretins. Un petit canal percé dans le mur aval permet à l'eau de se déverser dans un grand lavoir lui aussi protégé de muretins.


La Base Mérimée donne la fontaine comme « détruite après 1972 », tandis que le panneau sur le site nous nous dit qu’elle était « dans un état d’abandon total en 1990 ». Ce sont des bénévoles de la commune qui l’ont, depuis, restaurée.





D’après la tradition, cette fontaine se trouverait près de l’emplacement de l’église primitive de Landudec. De fait, Une déclaration fournie en 1680 par le procureur terrien, Guénolé Le Bihan de Kerdané, fait mention : "d'une vieille ruine de maison, escurie, cour, jardin et entrée située dans la montagne voisine du grand chemin de Landudec à Odierne, avec deux petits parcs y adiaçants cernés de vieux murs. Les dites mazières furent donnés par les ancestres du seigneur marquis de Molac aux paroissiens, ainsi qu'ils ont pu l'apprendre par tradition, pour servir de presbitaire" (Archives de Loire-Inférieure). Les substructions de ce presbytère, détruit par un incendie dans la première moitié du 17e siècle, existaient encore au début du 20e  à l'extrémité nord-est de la montagne de Lanrien.

Le site était déjà occupé à l’époque romaine, comme en atteste la découverte de  tuiles et substructions d’un village gallo-romain important à 200 m du hameau de Kerascoët, « sur le versant nord du coteau », précise Conen de Saint-Luc. Ce village se serait développé autour d’un poste établi par les Romains pour surveiller la voie de Civitas Aquilonia (Quimper) à la Pointe du Raz, qui passait à peu de distance au nord.

(Sources : Infobretagne, Base Mérimée, Fontaines du Finistère, La civitas des Osismes à l'époque gallo-romaine, panneau sur site, Dictionnaire des saints bretons)

mercredi 18 janvier 2017

PLONEIS - Sainte-Anne




Le quartier de Ste-Anne se situe à 3,4 km au sud-est du bourg de Plonéis, sur le versant septentrional de la colline que contourne la route Quimper-Douarnenez au nord et la route Quimper-Plozévet au sud.






La chapelle Ste-Anne-Prat-ar-Raz

Au cœur du hameau, dans un site agréablement ombragé, se trouve la chapelle Ste-Anne-Prat-ar-Raz. Elle a été reconstruite en 1878-1880 à l’emplacement de l’ancienne chapelle de Prataras (ou Prat-ar-Raz),  bâtie en 1680 et détruite en 1793, durant la Révolution. Les Quimpérois et paroissiens des communes environnantes, Pluguffan et Penhars notamment, s’y rendant à l'époque en grand nombre le jour du pardon, les révolutionnaires de Quimper en ont fait un symbole à abattre...



Les plans de l'actuelle chapelle ont été dessinés par le prêtre-historien-architecte le chanoine Abgrall. C’est un édifice de forme rectangulaire de trois travées avec un clocheton-mur, avec en avant de celui-ci un porche surmonté d’une terrasse qui supporte un autel de pierre, à laquelle on accède par un escalier extérieur. Au-dessus de la rosace figurent les armoiries rapportées de Mgr. Nouvel de La Flèche, évêque de Quimper et de Léon de 1872 à 1887.




Lors du pardon de 1996, un battant de cloche s’est détaché à l’heure de l’Angélus, cassant quelques ardoises et atterrissant à quelques centimètres d’une voiture, sans toutefois blesser quiconque. Cet incident décida une poignée de riverains à créer l’association de la chapelle Ste-Anne Prat-ar-Raz, afin de sauvegarder l’édifice ainsi que son pardon, qui continue à s’y dérouler, le 2e dimanche de juillet.

En 2002, aux abords de la chapelle, un bloc de pierre a été découvert sous la végétation. Après examen, cette pierre munie d’une cavité, s’est avérée être un tronc d’offrande disparu lors de l’ouragan de 1987. La légende dit qu’après la destruction de la chapelle originelle, on entendait la nuit, venant des décombres, un bruit de marteau sur les pierres. C’était sainte Anne qui demandait la reconstruction de sa chapelle. Sous la pression des paroissiens, le curé de l’époque envisagea donc de bâtir un nouvel édifice, mais il fallait trouver des fonds. Le tronc en pierre, destiné à les récolter, fut installé au bord de la route de Douarnenez. La pierre, de 80 cm de haut, a été été replacée tout près de la chapelle.





La fontaine Ste-Anne



A une vingtaine de mètres en contrebas de la chapelle, se trouve la fontaine de dévotion. Sur le toit de l’édicule, constitué de pierres cintrées, est gravée la date de 1671.  Celui-ci était autrefois surmonté de la croix des seigneurs du Disquay du manoir de Kerven (manoir situé en Plonéis). Le bassin est encadré de deux reposoirs.





La fontaine-lavoir



L’allée des Genêts, qui gravit le coteau pour rejoindre la départementale de Quimper à Plozévet, laisse sur la droite, avant l’embranchement du chemin de Cochard, une fontaine rustique alimentant un lavoir. Celle-ci est aménagée sur la source du ruisseau que vient alimenter, un peu plus bas, la fontaine Ste-Anne.



Keréval


La route traverse ce hameau, situé au sommet de la colline, avant de rejoindre la D 784. Sur la façade d’une ferme, on aperçoit, depuis la route, une fenêtre à meneau.


(Sources : panneau sur site / http://chapelle-sainte-anne-ploneis.fr, Infobretagne, Base Mérimée, Fontaines du Finistère)